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750 milliards d'euros pour une Europe économique. Et moi, et moi, et moi ! crie l'humain égaré

10/05/2010

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Les 27 pays membres de l'Europe viennent de voter la mise en place d'une garantie de plus de 750 milliards d'euros pour que dorment tranquilles les peuples d'Europe. Enfin, ceux inscrits sur sa liste, les autres, les trop petits pour être utiles ou dangereux pourront continuer de crever de faim ou de guerre entre autres malheurs.

L'Europe se fera donc sur l'économie. Essentiellement. Archaïque toujours et privilégiant d'abord la prospérité financière avant la fraternité et l'entraide civique, la prise en compte de l'humanité, la sienne et celle de l'autre, seules garantes pourtant d'une construction solide aux fondations profondes. Et nouvelles règles maintenant imposées par certains pays émergents.

 

Et pourtant...

Le 11 septembre 2001 fut comme un collapsus collectif. L'Amérique et l'Occident dans son ensemble réalisèrent qu'ils venaient de perdre leur suprématie et qu'il allait leur falloir compter avec ces autres qu'ils avaient au cours des siècles colonisés et exploités.

Des pays abusés, abandonnés au cours du temps et des révoltes et délaissés exsangues, sans structure technique et identitaire. Plus tout à fait eux-mêmes à force de représailles et d'encadrements policiers, et évidemment jamais les autres qui dominaient, par manque de réelle intégration et de reconnaissance civique et fraternelle.

Moyen-Orient, Amérique du Sud, Nicaragua, Salvador, Afrique... Partout où l'Occident est passé, il a pillé et utilisé les terrains à son seul profit, toujours économique.

Et nous avons commis, nous pays d'Europe, seulement pour l'argent et son pouvoir, mais au nom de l'éducation, de l'amour et de la foi, selon qu'on était militaire ou homme d'Église, des exactions et des barbaries, dont les traces et les conséquences, perdurent et nous explosent à la figure. Du Moyen-Orient surgiront à plus ou moins brève échéance, des guerres sans doute nucléaires qui ne nous épargneront pas et nous laisseront à notre tour, morts et démunis, sans ressource.

Irak, Afghanistan, danger nucléaire, crise financière planétaire, mais aussi une quarantaine de pays émergents avec lesquels il faut maintenant compter, qui du Brésil à la Chine ont établi des règles nouvelles, des règles du « Sud » issues d'histoires douloureuses et qui inscrivent l'humain dans leurs options économiques (admirons ce qu'a été capable de faire Lula au Brésil), autant de difficultés que nos dérives avides, notre appétence pour l'argent, le pouvoir et la puissance ont créées et avec lesquelles nous allons devoir composer.

S'adapter ou mourir devra être le prochain slogan de l'Europe, parce que si nous persistons à nous penser dominants ainsi que dans les siècles passés, à ne pas prendre en compte les nouvelles données imposées par ce reste du monde ressurgit de ses cendres et que nous avons précédemment et souvent laminé et spolié, si nous perdurons à construire une Europe essentiellement économique sans souci réel de l'humain, nous ne ferons pas le poids en face des émergents, mais pas non plus sur nos terrains où déjà la révolution sourde contre tout ce qui de près ou de loin ressemble à la bourse, à l'argent et aux produits financiers.

L'Europe va devoir « s'acheter » une autre conscience, mais 750 milliards vont peut-être l'aider ?

D'autant qu'il nous faudrait aussi penser non pas Europe, mais monde, humanité du monde d'abord pour voir dans sa globalité comment approcher ses besoins et ses nécessités ; pour agir dans cette interaction que nous devons cesser d'ignorer par peur diffuse d'être avalé et englouti. Par peur de ne pas survivre.

Certains Européens critiquent les nationalistes ancrés et encore accrochés à leurs frontières d'aujourd'hui, alors que leur propre nationalisme sévit de la même façon. L'Europe c'est quoi au fond ? Quelques kilomètres carrés en plus et plus loin ?

Malgré tout au travers du temps l'homme a prouvé son adaptabilité, et parfois, l'esprit cette magnificence de la terre, l'a porté de l'ombre à la lumière, alors, peut-être le sauvera-t-elle de ses combats douteux ?

Si ce n'était pas le cas, qu'importe ? Et qu'importe que nous demeurions des dinosaures puisque les dinosaures ont disparu pour faire place à d'autres fabuleuses espèces ? Tout est donc toujours possible et demeure à rêver et à imaginer, à créer.

Un jour peut-être l'esprit et le corps iront de juste concordance.

Un jour peut-être les hommes auront des ailes...

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